research notes for debrouillardise et coquetterie

Jeannine, née en 1933 à Bruxelles

On portrait des vêtements avec beaucoup de fronces. La taille était cintrée et les bords larges, évasés.

Tous les jeunes portaient des chapeaux.

Des chaussures avec lanières et bouton, de petites socquettes.

Je ne me souviens plus des couleurs.

On changeait de vêtement une fois par mois, tant pis si on était sales…Si ce qu’on portrait était usé, on nous disais d’attendre jusqu’à la Saint Nicolas.

Dans ma famille, on donnait la confection à faire à une couturière.

Pour ma communion j’ai eu une bête robe, toutes mes sœurs sont passes par la même robe.

Mes parents tenaient un café pendant la guerre, à la rue de Linthout.

Il y avait le rationnement, et nous avions droit à une paire de souliers par an. Ma mère me traitait de ‘mangeuse de chaussures’. Est-ce que je marchais mal? J’usais toujours mes talons.

On rapiéçait lorsque les blouses étaient uses.

Bobonne allait beaucoup au marché noir, pour ses bas-chaussettes.

On raccommodait les bas avec des petits crochets maille par maille.

Jacoba, née à Haarlem en 1923, et son fils

Je me suis mariée pendant la guerre à Bruxelles. J’ai fait ma robe moi-même, à partir de rubans de dentelle cousus ensemble pour concevoir une chemise et une jupe. Ma belle-mère avait un magasin de chapeaux, c’est elle qui m’a donné les rubans. Son magasin était situé au Parvis Saint Pierre. Je portais aussi une petite voile avec des pompons Mon mari était habillé normalement, il pouvait déjà être content d’avoir un costume.

On n’avait pas grand chose pendant la guerre… On devient indifférent aux dangers aussi.

Je m’étais cousu un tailleur à partir d’un vieux manteau de mon mari. Je le portais pour mon travail à l’orphelinat.

Je n’avais pas de chapeau, je portais un turban fait avec un mouchoir. C’est à la fin de la guerre que j’ai reçu un chapeau de ma belle-mère.

Je raccommodais mes bas, ils n’étaient pas beaux…Ils coutaient cher et on les raccommodait jusqu’à la fin. Certains étaient fait en parachute. Fils : elle teignait aussi ses jambes avec de la chicorée, mais elle n’aime pas le dire. Ooh quelle horreur !

J’ai moi-même travaillé comme couturière modiste chez ma belle-mère. Une cousine avait un magasin de ruban près de la bourse.

Une tante qui avait beaucoup de volailles nous envoyait des plumes, avec ces plumes on faisait des chapeaux.

Nous portions du noir, du bleu marine et du gris. Le noir était une couleur importante : à cette époque lorsqu’on était en deuil, on s’habillait en noir pendant 4 à 5 ans.

J’achetais ma laine chez mon amie, qui avait un magasin de tissus et de laine « Chez Jeanne »